Rhumatologie

Arthrites

Arthrites

On désigne sous le terme arthrite une inflammation d’une articulation. Le terme d’arthrite regroupe plus de 100 maladies rhumatismales différentes. Ces maladies peuvent affecter les articulations, les muscles, les tendons et les ligaments ainsi que la peau et certains organes internes.

La spondylarthrite ankylosante

La spondylarthrite ankylosante est une forme d’arthrite qui touche la colonne vertébrale. Elle se caractérise par des douleurs, une raideur dans le dos, ainsi qu’une courbure de la colonne vertébrale. Dans les cas graves, l’inflammation peut entrainer la fusion des vertèbres et une importante perte de mobilité.

La kinésithérapie intervient dans le but de conserver la mobilité de la colonne vertébrale par une rééducation spécifique.

La polyarthrite rhumatoïde

La polyarthrite rhumatoïde, souvent appelée arthrite rhumatoïde, est une maladie auto-immune dont la cause est inconnue et qui se manifeste par des signes inflammatoires tels que la rougeur, la douleur, l’enflure et une sensation de chaleur au niveau de l’articulation. L’inflammation peut toucher aussi d’autres organes tels que les yeux, les poumons et le cœur.

Cette maladie touche les articulations saines, le plus souvent les articulations des mains et des pieds. Ella se distingue d’autres formes d’arthrites par le fait qu’elle touche plusieurs articulations de façon symétrique, c.à.d. des deux cotés du corps.

Le traitement de kinésithérapie est complémentaire au traitement médicamenteux. Il consiste dans des exercices visant à augmenter l’amplitude des mouvements, à renforcer la force musculaire et l’endurance.

La marche, la natation et le cyclisme font partie des activités à conseiller.

La fibromyalgie

La fibromyalgie se manifeste par de la douleur généralisée dans les muscles, les ligaments et les tendons, ainsi qu’une raideur, surtout matinale dans les articulations.

Le traitement vise à soulager la douleur et à maintenir la mobilité. La kinésithérapie fait partie de ce traitement, notamment par la rééducation et la physiothérapie à visée antalgique et anti-oedémateuse.

La périarthrite scapulo-humérale (PSH)

La PSH est une affection rhumatismale se situant à l’extérieur de l’articulation de l’épaule et atteignant l’ensemble des tissus musculaires et tendineux qui entourent l’articulation.

Le terme de PSH est souvent employé abusivement pour désigner des pathologies bien précises telles que la rupture de la coiffe des rotateurs, la lésion du bourrelet cotyloïdien, la calcification du tendon du muscle sous-épineux.

Il est important de faire un diagnostic différentiel. Des examens supplémentaires tels que la radiographie, l’IRM, l’arthrographie ou l’échographie peuvent fournir des renseignements utiles et de poser un diagnostic précis.

Tendinites

Une tendinite est une inflammation du tendon.

Les signes principaux de la tendinite sont une douleur à la mobilité et à la palpation de la région atteinte, ainsi qu’une douleur lors de la mobilisation contrariée.

Les causes sont généralement le surmenage du tendon par des efforts intenses et/ou répétés ou plus rarement dû à une malposition articulaire.

Le traitement consiste en une mise au repos et/ou une immobilisation, la prise d’anti-inflammatoires, les infiltrations et la kinésithérapie.

Les techniques les plus utilisées sont le massage transversal profond (Cyriax), les agents physiques et la thérapie manuelle

Les régions les plus touchées sont :

  • l’épaule tendinite du sus-épineux
  • le genou

tendinite de la patte d’oie, généralement chez le cycliste)
tendinite du tendon rotulien

  • le coude

épichondylite (tennis elbow)
épitrochléite (golfers elbow)

  • le pied

tendinite du tendon d’Achille

  • la hanche

tendinite du muscle moyen fessier
tendinite du muscle pyramidal

Bursites

Bursites

 La bursite (ou hygroma) est une inflammation de la bourse séreuse d’une région articulaire.

L’origine de la bursite pourra être infectieuse, métabolique (goutte), traumatique ou micro-traumatique.

Les bursites sont localisées le plus souvent au niveau:

  • sous-achilléen (cheville)
  • rétro-olécranien (coude)
  • pré-patellaire (genou)
  • ischiatique (hanche)
  • sous-deltoïdien (épaule)

Le traitement se fera par ponction du liquide, infiltration de corticoïdes et bandages compressif.

La kinésithérapie intervient surtout par la cryothérapie (application de froid).

Ténosynovites

Ténosynovites

La ténosynovite est une inflammation de la gaine tendineuse. L’origine peut être infectieuse, rhumatismale ou micro-traumatique.

Les symptômes sont une douleur bien localisée lors des mouvements du tendon avec parfois crépitation.

Le traitement est médical est l’immobilisation, les anti-inflammatoires et les infiltrations.

Parfois l’intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire pour libérer le tendon (ténosynovectomie)

La kinésithérapie intervient avant et pendant l’immobilisation par les agents physiques et après intervention chirurgicale par la rééducation fonctionnelle douce et progressive pour éviter les adhérences tendineuses et accompagnée d’ultrasons.

Les ténosynovites se situent le plus souvent au niveau des doigts.

Doigt à ressaut (ou à ressort )

C’est une forme clinique particulière qui se caractérise par un accrochage plus ou moins douloureux dans les mouvements de flexion-extension du doigt ,le mouvement étant freiné à mi-course et se terminant brusquement comme mû par un ressort.

La Maladie de Dupuytren

La maladie de Dupuytren est une fibrose rétractile de l’aponévrose palmaire de la main (membrane située entre les tendons fléchisseurs et la peau). Elle entraine une rétraction et une flexion progressive et irréductible des doigts. La fibrose entraine la transformation de l’aponévrose palmaire et aboutit à la formation de brides fibreuses.

L’origine de cette maladie est inconnue, la seule chose établie est l’existence d’un facteur génétique.

Les symptômes sont l’apparition dans la paume de la main d’un ou de plusieurs nodules siégeant à la base du 4ième et/ou du 5ième doigt. Avec le temps les nodules s’allongent et forment des cordes longitudinales et peu à peu apparait une flexion irréductible des doigts des deux premières phalanges. Dans les formes graves, la main peut se fermer complètement.

Le traitement est chirurgical par aponévrectomie percutanée ou fasciatomie.

La kinésithérapie intervient après chirurgie par massage cicatriciel, rééducation fonctionnelle et ultrasons.

Périostites

Périostites

La périostite est une inflammation aigue ou chronique du périoste, le plus souvent située sur le tibia, et des fibres tendineuses qui s’y insèrent. Cette pathologie se rencontre fréquemment chez les sportifs. Elle est due aux vibrations causées par la course sur sol dur, l’utilisation de chaussures inadaptées, des traumatismes répétés sur le périoste.

Le traitement consiste à mettre la jambe au repos.

La kinésithérapie comprend la cryothérapie, les ultrasons et le massage selon Vodder.

Canal carpien

Canal carpien

Le syndrome du canal carpien correspond à une compression du nerf médian situé dans la paume de la main. Ce nerf assure la sensibilité des pulpes du pouce, de l’index et du majeur. Il assure également l’innervation motrice de certains muscles du pouce. Le canal carpien est un tunnel inextensible limité par les os du carpe en arrière et un épais ligament en avant. Le nerf médian passe dans ce canal inextensible accompagné par les 9 tendons fléchisseurs des doigts. Lorsque le canal se rétrécit, ou si les enveloppes des tendons s’épaississent, le nerf qui se trouve comprimé souffre en premier et les symptômes apparaissent. Ces symptômes sont des fourmillements ou un engourdissement, parfois accompagnés de douleurs du pouce, de l’index et du médius, surtout la nuit. En principe, les troubles ne touchent que les doigts, mais ils peuvent s’étendre à toute la main et au bras.

Le traitement chirurgical consiste en la section du ligament annulaire du carpe associée à une neurolyse permettant la libération du nerf médian.

La kinésithérapie intervient en postopératoire et consiste en des massages cicatriciels, des ultrasons et de la rééducation fonctionnelle

Le but est d’éviter les adhérences et de récupérer la mobilité des doigts ainsi que la force musculaire.

Arthroses

Arthroses

L’arthrose est une affection dégénérative du cartilage d’une articulation sans infection, ni inflammation. Cette dégénérescence peut survenir sur toute articulation, mais plus fréquemment sur les articulations porteuses telles que les genoux, les hanches ou la colonne vertébrale. D’autres articulations (épaule, coude) sont moins souvent atteintes.

L’arthrose est une maladie chronique qui évolue lentement. Elle touche plus souvent les femmes que les hommes.

La cause de l’arthrose est indéterminée, mais une surcharge ou une mauvaise distribution de la charge sur la surface articulaire jouent un rôle prépondérant. D’autres causes de l’arthrose peuvent être d’origine traumatique (fracture, accident sportif ou domestique), congénitale (malposition ou malformation articulaire), génétique (qualité du cartilage), endocrinienne ou autre. L’âge et le mode de vie de la personne concernée interviennent également dans l’apparition de l’arthrose. Ainsi, il est important de souligner que le poids est un facteur à risque majeur.

Les symptômes principaux de l’arthrose sont de deux types:

  • la douleur de type mécanique qui est déclenchée et aggravée par le mouvement et qui disparaît ou s’atténue plus ou moins complètement lorsque l’articulation est au repos. Elle est moins importante le matin et augmente progressivement pendant la journée. Elle réapparaît à chaque fois que l’articulation concernée est soumise à l’effort.
  • la gêne fonctionnelle qui correspond à une limitation de la mobilité de l’articulation.

Le traitement est d’abord médicamenteux par antalgiques, anti-inflammatoires, infiltrations et autres.

La kinésithérapie est indispensable, car elle permet de repousser l’ankylose articulaire. Elle contribue également à renforcer la musculature entourant l’articulation pour soulager celle-ci.

Les techniques les plus utilisées sont les agents physiques, le massage, la mobilisation articulaire et le renforcement musculaire péri-articulaire.

La chirurgie préventive permet de rétablir les conditions mécaniques correctes en cas d’anomalie de l’articulation (luxation congénitale de la hanche, genou varum).

Dans les cas évolués et invalidants, la chirurgie propose l’arthrotomie, l’athrodèse (blocage de l’articulation) et, le plus fréquemment, la prothèse totale.

Prothèse totale

Prothèse totale

 La mise en place d’une prothèse est une procédure chirurgicale au cours de laquelle certaines parties d’une articulation sont enlevées et remplacées par un dispositif en matière syntétique, en céramique ou en métal, appelé prothèse. La prothèse est conçue pour permettre à l’articulation de se mouvoir comme une articulation normale et saine.

Les prothèses totales sont réalisées depuis les années 60. De nos jours ,il est reconnu que cette procédure permet une reconstruction significative de la fonction et un apaisement des douleurs pour 90% à 95% des patients. Si la durée de vie attendue des prothèses est difficile à estimer, elle n’est toutefois pas illimitée. Les articulations artificielles peuvent au cours des années devenir instables et exiger une intervention chirurgicale de révision.

De récentes améliorations dans les techniques chirurgicales et l’instrumentation contribuent au succès du traitement. L’utilisation de matériaux de pointe comme le titane ou la céramique et l’emloi de nouveaux revêtements articulaires en matière synthétique offrent au chirurgien des options pouvant aider à augmenter la longévité de la prothèse.

Les prothèses totales sont principalement utilisées au niveau de la hanche, du genou et de l’épaule. Cependant d’autres articulations peuvent également profiter de prothèses totales (pouce,coude).

La prothèse totale de hanche

Une prothèse totale de hanche remplace la partie malade de l’articulation de la hanche. Elle est composée de deux pièces emboitées. Une des pièces remplace la partie articulaire du bassin (cotyle). L’autre remplace le col et la tête du fémur, elle est en acier inoxydable. Elle comprend une tige qui est implanté dans le fémur, un col et une tête qui s’articule avec le cotyle.

Il existe de très nombreux modèles de prothèses, différents dans leur forme et leurs matériaux. Cette variété de prothèses n’amènera que peu de changements dans la marche à suivre en rééducation.

La tendance générale actuelle se dirige vers une rééducation précoce, non intensive et sollicitant sans excès la nouvelle articulation. Une grande place est réservée à l’adaptation à la nouvelle situation et aux exercices proprioceptifs.

Kinésithérapie post-opératoire

Pendant la période d’hospitalisation il faut apprendre au patient l’apprentissage des mouvements permis et bien faire comprendre ceux à éviter. La hanche est mobilisée en actif assisté, en flexion-extension et en légère abduction. S’y ajoute la contraction isométrique du quadriceps et des fessiers, la mise en station debout avec deux cannes et appui progressif au sol. L’apprentissage de la montée (jambe saine avant) et de la descente (jambe opérée avant) d’escalier est indispensable .Respectez les conseils pour la vie journalière de votre kinésithérapeute.

Dans un premier temps la flexion de la hanche sera limitée et douloureuse. Il vous faudra donc faire preuve d’imagination et trouver des astuces.

Quelques conseils:

  • s’assoir sur une chaise dure et assez haute plutôt que dans un fauteuil
  • se munir d’un rehausse-toilette
  • prendre une douche, éventuellement assise, plutôt qu’un bain
  • mettre des chaussures faciles à chausser, utiliser un chausse-pied
  • éviter une flexion trop importante de la hanche
  • éviter la station debout unipodale (sur une jambe) du côté opéré
  • ne pas porter lourd du côté

 

 

La durée d’hospitalisation a tendance à diminuer de plus en plus. Souvent, si l’état général et le bilan postopératoire le permettent, le patient pourra quitter l’hôpital au bout de quelques jours. Plusieurs alternatives se présentent pour la suite de la rééducation.

 

  • rééducation à domicile
  • rééducation au cabinet du kinésithérapeute
  • rééducation en centre de rééducation

 

 

A vous de choisir en toute liberté le type de rééducation vous préférez.

Les trois possibilités présentent leurs avantages et inconvénients. D’un point de vue général, une personne relativement jeune ( 70 ans),seules, avec un état général altéré, la rééducation en centre de revalidation, suivie, si nécessaire, d’un traitement au cabinet du kinésithérapeute, est la meilleure solution pour assurer un rétablissement rapide et complet.

La prothèse totale de genou

L’arthrose est une conséquence de l’usure des différents éléments du genou. Elle commence par toucher les ménisques et le cartilage, puis s’étend en profondeur et peut détruire l’os sousjacente. Les symptômes sont principalement

  • Des douleurs, surtout à la marche et de la montée et descente d’escalier
  • Du gonflement (liée à l’épanchement de synovie)
  • De la déformation progressive en genou varum (jambes en O) ou genou valgum (jambes en X)

Les causes sont

  • les séquelles de fractures du tibia, du fémur ou de la rotule
  • les déviations axiales de l’axe fémoro-tibial , soit dans le plan frontal, soit dans le plan sagittal
  • la surcharge pondérale
  • les lésions méniscales et/ou ligamentaires
  • les séquelles rhumatismales inflammatoires (polyarthrite, varthrite chronique juvénile)

Le traitement est médicamenteux avec anti douleurs, anti-inflammatoires, infiltrations et chondroprotecteurs et la kinésithérapie intervient par l’électrothérapie antalgique et anti-inflammatoire et la rééducation fonctionnelle pour entretenir la mobilité articulaire et la force musculaire

La chirurgie peut intervenir selon le stade de l’arthrose, la cause et l’âge du patient.

L’arthroscopie se fait sous anesthésie en ambulatoire. Elle enlève les débris d’usure et l’épanchement synovial, cause du gonflement. Les résultats sont inconstants.

L’ostéotomie s’adresse aux arthroses localisées chez les personnes plutôt jeunes (-55 ans). Elle modifie l’axe du tibia en orientant les appuis vers la zone saine. Elle donne une amélioration souvent totale des douleurs pendant une période de 10 à 15 ans.

La prothèse totale a révolutionné le traitement de l’arthrose du genou. On distingue la prothèse unicompartimentale et la prothèse totale ou tri-compartimentale.

La prothèse uni-compartimentale est une prothèse partielle. Elle remplace le cartilage usé d’un seul côté du genou entre le fémur et le tibia ,sans toucher à l’autre compartiment fémoro-tibial ou à la rotule.

Les critères pour une prothèse uni-compartimentale sont :

  • l’usure articulaire limitée à un seul compartiment fémoro-tibail
  • l’absence de forte surcharge pondérale ou d’ostéoporose
  • les membres inférieurs modérément arqués en genou varum <5°

La prothèse uni-compartimentale se compose de deux parties: un élément tibial constitué d’un plateau métallique recouvert d’une semelle en polyéthylène et un élément fémoral métallique qui s’applique sans résection sur le condyle correspondant.

Le traitement de kinésithérapie débute le lendemain de l’intervention par

  • la flexion manuelle passive du genou
  • la flexion passive du genou sur Kinétec (machine qui fléchit le genou)
  • la mise en station debout
  • l’apprentissage de la marche avec cannes
  • l’apprentissage de la montée et descente d’escalier

Après l’hospitalisation, la rééducation se poursuit en centre de rééducation ou au domicile du patient et par après au cabinet du kinésithérapeute par

  • la flexion-extension active
  • la musculation du quadriceps et des ischio-jambiers
  • l’appui progressif
  • la montée et la descente d’escalier
  • les exercices de proprioception

La prothèse totale remplace la totalité du cartilage usé et reproduit les mouvements du genou dans les trois plans de l’espace.

La prothèse totale se compose de trois parties : un élément fémoral métallique qui s’emboite sur l’extrémité du fémur, un élément tibial qui se pose en plateau sur le tibia composé d’une base sur laquelle s’insère une semelle en polyéthylène et un médaillon rotulien en polyéthylène si nécessaire.

La rééducation commence dès le lendemain de l’intervention par

  • la flexion passive
  • la flexion sur Kinétec
  • la marche avec deux cannes et monter et descendre les escaliers dès que possible (4-5 jours)
  • la mise au fauteuil
  • la cryothérapie
  • les contractions isométriques

Au bout de 8-10 jours on devrait essayer d’obtenir une flexion de 90°.

La rééducation se poursuit soit en centre de rééducation, soit au domicile du patient et puis au cabinet du kinésithérapeute par

  • la flexion-extension active
  • la musculation du quadriceps et des ischio-jambiers
  • la rééducation proprioceptive
  • la remise en charge totale progressive et réadaptation à la vie courante

La prothèse totale de l’épaule

On peut envisager de recourir à une prothèse de l’épaule dans plusieurs cas :

  • L’usure des surfaces articulaires en rapport avec l’arthrose, les maladies inflammatoires certains traumatismes de l’épaule
  • Les fractures complexes de l’extrémité supérieure de l’humérus avec de nombreux fragments déplacés
  • La rupture massive des tendons de la coiffe des rotateurs avec une ascension de la tête humérale sous l’acromion

Ces trois cas, tous très différentes sur le plan de la pathologie ,peuvent trouver une solution grâce à la prothèse de l’épaule.

Cette intervention consiste à remplacer les surfaces articulaires usées par des pièces prothétiques:

  • une sphère métallique montée sur une tige pour l’extrémité supérieure de l’humérus
  • une capsule en polyéthylène pour la cavité glénoïde de l’omoplate

L’objectif du remplacement prothétique de l’articulation de l’épaule est de soulager la douleur et de restaurer une bonne partie de la mobilité et de la force.

Le traitement de kinésithérapie est immédiatement entrepris, dès le deuxième jour de l’intervention. L’hospitalisation est d’environ 8 jours. La rééducation peut se faire soit au centre de rééducation, soit à domicile puis au cabinet du kinésithérapeute par

  • la mobilisation des doigts, du poignet, du coude
  • la mobilisation passive de l’épaule
  • les exercices actif-assistés de l’épaule
  • l’auto-mobilisation de l’épaule
  • les exercices pendulaires

et dans un deuxième temps par

  • mobilisation active de l’épaule
  • renforcement musculaire
  • réadaptation à la vie journalière
Capsulite rétractile

Capsulite rétractile

Le nom de capsulite rétractile vient du fait que la capsule articulaire se rétracte et empêche ainsi le fonctionnement normal de l’épaule. Cette pathologie est également appelée « épaule gelée » on en anglais « frozen shoulder ».Pour certains, la capsulite rétractile est une forme d’algoneurodystrophie localisée à l’épaule, mais malgré que ces deux pathologies soient apparentées, elles se distinguent par leurs signes cliniques et leur évolution.

La capsulite rétractile peut survenir sans raison, mais dans certains cas des facteurs favorisants comme un traumatisme, une affection douloureuse de l’épaule, la chirurgie thoracique, l’hémiplégie peuvent exister.

L’évolution de la capsulite rétractile se fait par trois stades:

  • Le stade d’installation caractérisé par l’apparition de douleurs permanentes (quelques semaines à quelques mois).A ce stade l’examen clinique est encore normal
  • Le stade de la raideur caractérisé par l’apparition d’un enraidissement progressif. Avec l’installation de la raideur la douleur disparaît, mais des mouvements de l’épaule se limitent de plus en plus limités vont de pair
  • Le stade de la récupération caractérisé par la disparition progressive de la raideur. La mobilité articulaire redeviendra normale.

Parfois une limitation de quelques degrés, surtout en rotation externe peut subsister sans pour autant gêner les mouvements de la vie journalière.

Kinésithérapie

Même sans traitement, la capsulite rétractile évoluera en 6 à 18 mois vers la guérison. Cependant la kinésithérapie peut grandement accélérer ce processus et a sa place dans la phase de raideur et surtout dans la phase de récupération.

Dans la phase de raideur, elle lutte contre la douleur par des massages décontractants, le traitement par agents physiques et la méthode Trigger Points

Elle entretient la mobilité de la ceinture scapulaire par mobilisation de l’omoplate et de la colonne cervicale. Cette mobilisation de l’épaule se fait dans les amplitudes possibles, mais surtout sans provoquer la douleur. Elle entretient également la fonction musculaire par un travail actif des muscles de l’épaule.

Dans la phase de récupération, elle assure le massage de la ceinture scapulaire et de la colonne cervicale, la mobilisation passive, active assistée et active pour récupérer l’amplitude complète de l’épaule, le réentraînement à l’effort.

Dans tout ce processus différentes techniques de thérapie manuelle peuvent être utilisées.

Algoneurodystrophie

Algoneurodystrophie

 L’algoneurodystrphie est un syndrome douloureux régional vasomoteur et trophique résultant d’une perturbation neuro-végétative mal connue et de causes diverses. Il existe plusieurs synonymes pour désigner cette maladie: « Maladie de Sudeck », « dystrophie sympatique réflexe », »syndrome épaule-main ».

Les symptômes de l’algoneurodystrophie sont les douleurs qui entrainent une impotence fonctionnelle, des troubles trophiques avec des troubles vaso-moteurs (œdème, modification de la température et de l’aspect de la peau), ainsi qu’une déminéralisation épiphysaire.

L’algoneurodistrophie est rarement idiopathique, mais généralement secondaire et localisée aux extrémités des membres.

Les causes peuvent être

  • traumatiques (50% des cas):chirurgie, fracture, entorse, luxation, immobilisation prolongée)
  • neurologiques: hémiplégie, traumatisme crânien
  • viscérales :infarctus du myocarde ,tumeurs
  • médicamenteuses
  • métaboliques: diabète ,hypothyroïdie

Enfin, il existe un terrain anxio-dépressif et émotif favorable à l’apparition d’une algodystrophie, mais son rôle psychosomatique ne doit pas être surestimé.

L’évolution de la maladie est généralement favorable avec une guérison complète en quelques mois (6 à 24 mois).

Cette évolution se fait sur deux phases:

  • une phase chaude ou pseudo-inflammatoire, caractérisée par des douleurs vives et des troubles vasomoteurs ( chaleur, oedème, peau luisante)
  • une phase froide inconstante, marquée par l’apparition de troubles trophiques (membre froid, peau pâle, lisse et atrophique).Il existe parfois des rétractions capsulo-ligamentaires responsables d’enraidissement articulaire progressif

Traitement

Il n’y a pas de traitement spécifique à l’algoneurodystrophie. Il associe le repos, la kinésithérapie adaptée et les médicaments. Il a pour but de diminuer les douleurs et de préserver la mobilité articulaire.

Le repos est indiqué en phase chaude. Pour le membre inférieur la suppression de l’appui est une mesure capitale tant que persistent les douleurs. L’immobilisation est à proscrire.

La kinésithérapie

Elle doit être prudente et bien conduite. Elle doit être progressive et surtout indolore, car la douleur, en phase chaude, peut aggraver la maladie.

En phase chaude, elle utilise la cryothérapie, les Trigger Points, l’électrothérapie antalgique, les mobilisations prudentes et non douloureuses de l’articulation atteinte

En phase froide, on ajoute l’étirement capsulo-ligamentaire et la mobilisation active.

 

 

 

Copyright © 2020 Luxkine
Designed by buzzify