Le Dos

Introduction

Introduction

Le mal du dos est souvent appelé « mal du siècle » et ceci non sans raison. Le mal du dos constitue la principale raison de consultation dans un cabinet médical, c’est une des causes principales de mise à la retraite anticipée. Le nombre d’heures de travail perdues pour des douleurs dorsales représente une entité considérable sur le plan économique. De même, les dépenses des caisses de maladie engendrées par les pathologies du dos sont énormes.

Ces quelques remarques soulignent l’importance du traitement, de la prévention et de la kinésithérapie qui joue un rôle clé.

Avant de parler des différentes pathologies, nous pensons qu’il est utile de connaître quelques éléments d’anatomie et de physiologie pour mieux comprendre l’origine et le traitement de ces pathologies.

Anatomie

Quand nous parlons de douleurs du dos, nous parlons en fait d’affections douloureuses de la colonne vertébrale. Cette colonne vertébrale se compose de 24 vertèbres mobiles ,articulées, qui déterminent 3 régions:

  • la région cervicale : 7 vertèbres
  • la région dorsale : 12 vertèbres
  • la région lombaire : 5 vertèbres
  • 5 vertèbres soudées qui forment le sacrum
  • 3 à 5 vertèbres qui constituent le coccyx ( Steissbein, « Krippchen »).

La colonne vertébrale assure deux fonctions essentielles:

  • une fonction de soutien: elle soutient le tronc et la tête, les membres ( bras et jambes ) y sont attachés par l’intermédiaire des articulations de l’épaule et de la hanche
  • une fonction de protection: elle protège la moëlle épinière ( Knochenmark ) d’où partent entre chaque paire de vertèbre les nerfs rachidiens

Les différentes vertèbres sont unies l’une à l’autre par de puissants ligaments des muscles et surtout en avant par les disques intervertébraux (Bandscheiben).

Le disque intervertébral est formé de deux parties :

  • une partie périphérique: l’anneau fibreux
  • une partie centrale: le noyau pulpeux

Le rôle du disque intervertébral est multiple. Il donne à la colonne vertébrale sa flexibilité lui permettant les mouvements de flexion, extension et rotation et joue en même temps le rôle d’amortisseur. Des charges ou sollicitations trop importantes peuvent entrainer des lésions du disque. Il peut se fissurer et permettre au noyau ou à une partie de celui-ci de transpercer l’anneau fibreux et de pénétrer dans le canal rachidien (hernie discale) ou bien déshydrater et perdre progressivement son efficacité dans l’absorption des chocs et vibrations et ainsi favoriser l’apparition de l’arthrose.

Lors d’un congrès à Zürich, le professeur Alf Nachemson, un pionnier de l’étude de la colonne vertébrale, déclarait à un public galvanisé que le plus souvent la vraie cause des douleurs du dos demeure inconnue. Ce qui revient à dire qu’il faut être très prudent avant d’entreprendre un traitement et qu’il faut surtout bien examiner et bien interroger son patient.

En effet, les causes sont multiples et souvent bien loin du foyer douloureux de la colonne vertébrale.

On distingue des causes locales

  • traumatiques (fractures, luxation)
  • dégénératives (arthrose )
  • inflammatoires
  • métaboliques
  • tumorales

et des causes à distance:

  • problèmes des pieds ou des genoux
  • affections des organes (coeur, appareil digestif, organes de la reproduction)
  • problèmes psycho-sociaux

Sans vouloir y accorder une trop grande importance, il faut avoir à l’idée que l’état psychique et les contraintes socio-économiques et professionnelles peuvent influencer les pathologies du dos

 

  • Phénomènes bio-météorologiques

Chez certaines personnes sensibles, des facteurs bio-météorologiques peuvent jouer un rôle de catalyseur ou d’amplificateur de symptômes latents.

Aussi faut-il être très prudent dans l’interprétation des examens radiologiques, car toute image ne reflète qu’un état instantané. Certaines images très évocatrices de déviations axiales (scoliose) ou de dégénérescence (arthrose) nous incitent à les mettre en relation avec les douleurs du patient Cependant il faut rester prudent, très attentif récit du patient et continuer à investiguer.

La colonne vertébrale a une très grande capacité de compensation et joue souvent le rôle de « fusible » pour toute une panoplie d’affections de l’organisme.

Cervicalgies

Cervicalgies

Les cervicalgies ou douleurs cervicales siègent à la partie postérieure du cou, à la base du crane et peuvent irradier vers les épaules et même les bras.

Les principales causes sont

  • des troubles de la statique (mauvais maintient)
  • d’origine traumatique (coup du lapin, fracture)
  • de type dégénératif (arthrose)

Les causes infectieuses, tumorales, inflammatoires sont beaucoup plus rares.

La cervicalgie commune

La cause principale est un déséquilibre postural de la colonne cervicale par une position prolongée de la tête en flexion, une mauvaise position couchée, un long trajet en voiture, par un travail avec les bras élevés, la tête en extension.

Le traitement de kinésithérapie est le suivant:

  • thermothérapie : fango visant à décontracter la musculature
  • électrothérapie antalgique
  • massage décontractant

Bindegewebsmassage

massage transversal profond, type Cyriax

ponçage des points douloureux réflexes : Trigger

  • thérapie manuelle

mobilisation vertébrale

  • traction cervicale manuelle
  • rééducation fonctionnelle

exercices actifs

exercices contre résistance

tonification musculaire

  • conseils d’hygiène de vie

exercices de relaxation

apprentissage des positions de repos

La névralgie d’Arnold

Ce sont des douleurs à la face postérieure et latérale de la tête, sur le trajet du nerf occipital d’Arnold, pouvant irradier jusqu’au front. Il s’agit d’une irritation au niveau des divers passages du nerf à travers les ligaments et les muscles qui sont contractés.

Le traitement de kinésithérapie est celui de la cervicalgie commune en insistant sur les techniques de massage pour libérer les contractures musculaires et les techniques d’élongation manuelles.

Le torticolis ou cou tordu

Le torticolis bénin ou aigu de l’adulte se caractérise par des contractures dues à la rétraction des muscles du cou, principalement du muscle sterno-cléido-mastoïdien et du muscle trapèze. Suite à cette contracture, la tête est penchée du côté du muscle contracté et tourné vers le côté opposé. Le torticolis peut s’accompagner de très fortes douleurs et d’une incapacité de bouger la tête. Le moindre mouvement est douloureux.

Les causes du toticolis sont:

  • un faux mouvement, un mouvement brusque non contrôlé
  • une mauvaise position prolongée (pendant le sommeil par exemple)
  • une exposition prolongée à un courant d’air (climatisation)

Le traitement vise à calmer la douleur et à lever la contracture musculaire.

Le traitement médical comprend:

  • des antalgiques ( aspirine,paracétamol )
  • des myorelaxants
  • des anti-inflammatoires
  • la mise au repos
  • éventuellement le port d’une minerve

La kinésithérapie comprend en phase aigue:

  • thermothérapie, fango
  • électrothérapie antalgique
  • massage doux de la nuque et de la région scapulaire

et en phase de régression:

  • voir phase aïgue
  • la mobilisation
  • la traction manuelle
  • les exercices d’auto-grandissement
  • les exercices de renforcement musculaire de la région cervico-scapulaire
  • les exercices de correction de la statique

Le torticolis congénital

Le torticolis congénital est une affection du nouveau-né assez fréquente. Le bébé se présente avec la tête inclinée d’un côté et tournée vers le côté opposé.

A l’examen, on retrouve:

  • une tension musculaire du muscle sterno-cléïdo-mastoïdien
  • une masse palpable localisée dans le ventre du muscle
  • une diminution des amplitudes des mouvements de la tête

La cause exacte du torticolis congénital est encore inconnue, mais on suggère que son origine est due à :

  • un étirement du muscle sterno-cléïdo-mastoïdien lors de l’accouchement
  • une subluxation des premières vertèbres cervicales résultant d’une malposition intra-utérine ou pendant l’acouchement

La kinésithérapie joue un rôle important dans le traitement. Elle associe:

  • le massage des muscles contractés
  • une mobilisation douce de la tête
  • les postures
  • les conseils aux parents

Les torticolis congénitaux évoluent généralement vers la guérison complète.

Le coup du lapin

Le coup du lapin ( Schleudertrauma, whiplash syndrom ) est un traumatisme de la colonne cervicale dû à un mouvement brusque de flexion-hyperextension de la tête. Le plus souvent, cette situation se présente suite aux accidents de la circulation.

Les lésions se situent généralement au niveau des tissus moux:

  • élongation ligamentaire
  • élongation musculaire
  • entorse

plus rarement

  • fracture d’une vertèbre
  • fracture de l’apophyse odontoïde de l’axis
  • déchirure du ligament alaire
  • hernie discale
  • lésion nerveuse

Les symptômes

  • maux de tête
  • contractures musculaires
  • limitation des mouvements de la tête
  • troubles de l’équilibre
  • nausée
  • troubles occulaires
  • troubles de la déglutition
  • troubles du sommeil
  • bourdonnements d’oreille
  • dépression

Le traitement devra tenir compte des plaintes du patient, même si les douleurs et les plaintes décrites par le patient ne peuvent être mises en rapport avec les lésions objectivées.

Le traitement médical est semblable à celui du torticolis.

La kinésithérapie

  • repos, port d’une minerve
  • thermothérapie, fango
  • électrothérapie antalgique
  • massage de la région cervico-scapulaire
  • traction manuelle légère
  • mobilisation
  • exercices isométriques
  • exercices de rééquilibration de la statique
Dorsalgies

Dorsalgies

Les douleurs de la région dorsale peuvent être d’origines très diverses. Les causes de dorsalgies qui intéressent la kinésithérapie sont :

  • les troubles statiques, fatigue ou douleur de positionnement
  • les perturbations articulaires interapophysaires ou costo-transversaires
  • les insuffisances musculo-ligamentaires
  • la spondylarthrose
  • la spondylarthrite ankylosante
  • la maladie de Scheuermenn
  • l’ostéoporose

Les douleurs se situent au niveau des muscles trapèze, entre les omoplates et entre les apophyses épineuses.

La kinésithérapie

  • massage décontractant
  • thermothérapie, fango
  • électrothérapie antalgique
  • exercices de détente
  • exercices d’assouplissement
  • exercices d’autograndissement
  • gymnastique posturale, RPG
  • musculation
  • mobilisaton vertébrale

La maladie de Scheuermann

C’est une dystrophie ostéo-chondro-épiphysaire qui touche la zone de croissance des plateaux vertébraux et qui entraine des modifications structurales des vertèbres. De fréquence élevée (0,5-10%), cette maladie survient pendant la phase de croissance pubertaire du rachis, entre 13 et 17 ans, principalement chez les garçons.

Elle est souvent asymptomatique et diagnostiquée sur des radiographies standards effectuées pour d’autres raisons. Généralement les symptômes prédominants sont la fatigue et la douleur sourde du rachis dorsal. Cette douleur peut être exacerbée par l’effort physique, le sport intensif étant un facteur aggravant.

Le diagnostic se fait par radiographie avec des clichés de profil et de face de l’ensemble du rachis, et de profil du rachis dorsal de D7 à D10.

On distingue:

  • la cyphose à grand rayon
  • l’aspect cunéiforme des vertèbres situées au sommet de la cyphose
  • les plateaux vertébraux irréguliers et feuilletés
  • parfois des hernies intra-spongieuses ou rétro-marginales
  • parfois un tassement discal

Le traitement consiste en l’arrêt d’efforts intenses, donc abandon du sport, à l’exception de la natation. La prise de conscience de certaines postures et surtout une kinésithérapie adaptée et active est de rigueur.

La kinésithérapie

  • rééducation respiratire
  • massage décontractant
  • électrothérapie antalgique
  • relaxation
  • prise de conscience du shéma corporel
  • exercices posturaux, RPG
  • exercices d’assouplissement
  • exercices de tonification des muscles érecteurs du rachis et des abdominaux
  • conseils d’hygiène de vie
Lombalgies

Lombalgies

La lombalgie est une douleur du bas du dos. Elle peut être chronique ou aigue. Dans ce dernier cas on parle de lumbago. L’origine de la lombalgie peut être très diverse. On trouve des causes tumorales, infectieuses, vasculaires ou viscérales. D’où l’importance d’un diagnostic précis posé par le médecin. Nous allons parler dans ce contexte uniquement des lombalgies d’origine dégénérative ou mécanique.

La lombalgie aigue ou lumbago

La lombalgie aigue qui débute brusquement peut être due à:

  • un effort de soulèvement d’une charge
  • un mouvement brusque incontrôlé (faux mouvement)

Le lumbago surtout d’origine mécanique (entorse de l’unité fonctionnelle vertébral) est un véritable blocage de la colonne lombaire se manifestant par les symptômes suivants:

  • douleur sévère lombo-sacrée souvent en barre
  • attitude antalgique importante et caractéristique
  • irradiation possible de la douleur vers les fesses, les cuisses, les genoux (type sciatique)

Le traitement médical

  • repos relatif
  • antalgiques
  • myorelaxants
  • anti-inflammatoires

La kinésithérapie

  • électrothérapie antalgique, TENS
  • ponçage des points douloureux réflexes Trigger
  • thermothérapie
  • mobilisation analytique, Sohier
  • mobilisation vertébrale
  • thérapie manuelle

Pour éviter la récidive:

  • exercices posturaux, RPG
  • exercices d’assouplissement
  • exercices de tonification
  • conseils d’hygiène de vie
  • école du dos
  • adaptation du poste de travail

La lombalgie chronique

La lombalgie chronique est d’apparition lente et insidieuse. Elle est due à la dégénérescence d’un ou de plusieurs segments mobiles intervertébraux (arthrose discale ou interapophysaire).

Les symptômes

  • douleurs lombaires basses diffuses
  • irradiation possible vers les fesses
  • augmentation des douleurs par l’effort et la fatigue
  • diminution des douleurs par le repos
  • Le traitement médical est similaire que pour les lombalgies aigues, mais la kinésithérapie joue un rôle important pour soulager la douleur et permettre une activité normale.

La kinésithérapie

  • massage décontractant
  • ponçage des points douloureux réflexes, Trigger
  • électrothérapie antalgique
  • mobilisation analytique de type Sohier
  • thérapie manuelle
  • rééducation posturale, RPG
  • execices d’étirement et d’assouplissement
  • exercices de tonification
  • pratique sportive adaptée, vélo, natation, fitness
  • exercices de relaxation, yoga
  • école du dos

La hernie discale

On parle d’hernie discale quand le noyau pulpeux du disque intervertébral traverse l’anneau fibreux, avec parfois la perforation complète de ce dernier et la pénétration dans le canal rachidien, allant comprimer la racine nerveuse émergeante. L’hernie discale peut survenir à toutes les étages vertébraux mais 80% des hernies sont lombaires.

Les causes d’hernie discale sont:

  • la dégénérescence du disque intervertébral
  • un mouvement brusque et incontrôlé du tronc fléchi en avant

Les symptômes sont ceux de la lombalgie aigue

  • douleurs lombaires
  • douleurs de type sciatique
  • parethésies (troubles de la sensibilité)
  • parésies
  • amyotrophie (faiblesse musculaire)
  • anesthésies
  • paralysie (cas extrème)

Les troubles neurologiques dépendent du niveau de la hernie discale et de la gravité de la compression de la racine nerveuse. Le diagnostic est confirmé par le scanner ou l’IRM.

Le traitement conservateur est efficace. Il est celui de la lombalgie aigue avec éventuellement en plus:

  • la traction vertébrale
  • le port d’un lombostat( ceinture lombaire )

Le traitement de kinésithérapie est le même que pour la lombalgie aigue.

Si le traitement conservateur bien conduit n’aboutit pas au bout de 6 à 8 semaines,ou bien, si on est en présence d’un défécit neurologique, il faut recourir à la chirurgie.

Le traitement chirurgical moderne consiste en l’ablation par voie endoscopique de l’hernie. C’est une intervention très peu invalidante qui ne nécessite qu’une hospitalisation de courte durée (2-3jours).

Le traitement de kinésithérapie postopératoire est primordial pour prévenir les récidives.

  • massage décontractant
  • thermothérapie
  • électrothérapie antalgique
  • exercices d’assouplissement
  • exercices de tonification
  • execices posturaux
  • école du dos
  • conseils pour la conduite journalière domestique et professionnelle
  • adaptation du poste de travail

La sciatalgie ou sciatique

Le nom de sciatique est souvent utilisé pour désigner toute sorte de douleur lombo-sacrée basse. En fait, la sciatique est une irritation de la racine du nerf sciatique, soit entre L4 et L5 ou L5 et S1.

Les symptômes

  • douleurs intermittentes d’un seul côté
  • irradiation vers la fesse, la face postérieure de la cuisse et parfois jusque dans les orteils
  • majoration par les efforts de toux ou de défécation
  • diminution par le repos en position allongée ou debout
  • parfois fourmillements ou perte de sensibilité d’une partie de la jambe
  • la douleur est reproduite par la manoeuvre dite « de Lassègue » qui consiste en une flexion de la hanche le genou tendu. Lorsque la douleur apparait lors des 40 à 45 premiers degrés, on doit craindre la présence d’une hernie discale

La cause d’une sciatique

  • d’ordre mécanique, blocage
  • sténose du canal rachidien
  • processus tumoral
  • processus infectieux
  • hernie discale dans 90% des cas

Le diagnostic se fait par imagerie, scanner ou IRM. Ces examens peuvent être complétés par l’électromyographie dans certains cas.

Le traitement de kinésithérapie est celui de la lombalgie ou de la hernie discale, suivant le cas

 

Copyright © 2020 Luxkine
Designed by buzzify